Avant de « rentrer » dans l’interprétation d’un thème, un travail préliminaire est nécessaire afin de mettre en évidence les éléments les plus discriminants de l’horoscope.

 

 

Nous observons ainsi :

 

  • une répartition égale entre signes masculins et féminins,
  • une dominante des signes Fixes, suivie des Cardinaux, ce qui ne manque pas de conférer détermination et énergie,
  • 4 planètes en signes de Feu dont Mars, le deuxième maître de la I en Lion, ainsi qu’une planète (le Soleil) en maison de Feu,
  • 2 planètes en signes de terre dont Vénus le maître d’AS (en Vierge) et 5 planètes dans les maisons de Terre,
  • la Lune et l’As en signes d’Air et une planète en maison d’Air (Neptune),
  • 3 planètes dont le Soleil en signes d’Eau ainsi que la maître du MC et 2 planètes en maisons d’Eau…

 

Cette répartition des planètes en SIGNES et MAISONS est à prendre en considération en fonction des points les plus importants du thème, à savoir l’As, les luminaires et le maître d’AS.

 

La répartition des planètes dans les différents hémisphères (Est/Ouest, Nord/Sud) est aussi à prendre en considération :

Ici, elles sont équitablement réparties bien qu’un peu dominantes à l’Est.

 

Enfin et surtout, la signature planétaire sera la plus significative :

  • Uranus donne le ton par sa position au MC, sextile au maître d’AS, Vénus, et au deuxième maître de la 1 (Pluton), par son trigone à Mercure et sa maîtrise de la Lune.
  • Pluton, dans sa maison, la VIII, maître du Soleil et de Mercure, trigone au maître d’As, opposé Mercure et carré Lune/Mars est également très fort.

 

Cette signature Uranus/Pluton appartient sans aucun doute à une personne fortement individualisée et personnalisée ce qui, sur une toile de fond Scorpion/Verseau/Lune-Mars, frise l’indiscipline, la rébellion, le besoin de se démarquer. Individualisme, originalité, liberté sont les mots-clés d’une telle personnalité.

 

  • Neptune a également son mot à dire, bien que rejeté (au DS) donc plus mal intégré par le « Moi ». Etant en carré d’Uranus, on ne peut le dissocier de cette dernière. Le carré Uranus/Neptune va donc devenir un aspect clé, alliant des planètes contradictoires. Un beau résumé de l’aspect vient de la bouche même d’Alexandra : « je suis une dévote sceptique »…

 

  • la conjonction Jupiter/Neptune est un autre aspect. Habituellement il rend philanthrope et humaniste, bienveillant et charitable… étant rejeté au DS, il n’est pas aussi facile à vivre et peut se vivre dans la fuite, l’intérêt pour les mystères, la religion, l’ésotérisme.

 

Avec les 3 super lentes comme dominantes, nous pouvons nous attendre à un personnage capable de transcendance, surtout lorsque Saturne est bien intégré dans le thème, ce qui est le cas ici (très bien relié au 2ème maître de la I et à Jupiter) et lorsque les maisons « métaphysiques » sont significatives (la XII qui contient Vénus le maître d’As et la VIII qui contient Pluton le deuxième maître de la I).

 

Posés les aspects clés, la question qu’il est important de se poser est : Qui est cette personne ? Quelles sont ses caractéristiques ? Quel est son tempérament ? 

 

Interviennent dans ces questions les dominantes citées avant ainsi que l’étude de la MAISON I dans son ensemble.

 

On note :

  • un Soleil en I qui la fait s’identifier à un modèle paternel et développer autonomie, activité et la rend principalement concernée par elle-même, d’autant que le Soleil n’est pratiquement pas aspecté.

 

  • un maître d’AS en chute en XII, en aspect des 3 transaturniennes (Pluton, Uranus, Neptune), laisse supposer un manque de « narcissisation » qui aurait pu inférioriser s’il n’y avait pas d’autres aspects forts qui dominent. Cela a néanmoins contribué à ce que la native ne se sente « pas bien dans sa peau ». L’accent est aussi mis sur cette maison XII qui avait des chances de se développer dans le sens mystique avec les dominantes Neptune/Pluton.

 

  • le deuxième maître de la I, qui s’exprime dans la deuxième partie de sa vie, Pluton, est au double carré de Lune et de Mars. L’aspect Lune/Mars devient donc un aspect dominant ce qui n’est pas un caractère difficile : opposante et castratrice, nous sommes en présence d’une insoumise. Un désaccord profond avec la mère à laquelle elle ne veut pas ressembler et qu’elle aime choquer. La mauvaise intégration lunaire (carré au maître de I) et la présence du Soleil en I entraîne un refus du féminin (accentué par la Lune en Verseau) et une revendication phallique.

 

  • l’autre maître de la I, Mars est bien soutenu par le trigone de Saturne et de Neptune/Jupiter, autant de cordes favorisant la sagesse, la maîtrise, la concentration, la patience, l’inspiration, I’ intérêt pour le monde spirituel, la notoriété (Jupiter DS).

 

Une fois les différentes potentialités mises à jour, il est intéressant de situer le milieu familial. Nous avons déjà parlé de la forte influence du père (on pourrait même parler, avec un Soleil en I d’introjection du père) et de la dysharmonie avec la mère. De plus, le maître de la IV, Saturne est en conjonction de Mercure, le maître la XII ce qui ne traduit pas le plein épanouissement familial. De cette mauvaise intégration lunaire résultera une difficulté à vivre une vie de femme et de mère épanouie. Déjà, la triple signature Uranus/Neptune/Pluton, à laquelle il faut toujours revenir, ne porte guère au conventionnalisme et notamment au niveau de la conjugalité (Neptune en VII carré Uranus). Les attaches peuvent être nébuleuses, platoniques, illusoires, idéalisées… la tromperie risque aussi d’être présente. Le maître de la VII, Mars, n’est guère plus encourageant, en double dissonance de Pluton (risque de crise ou de veuvage) et de la Lune (manque d’affectivité ou de tendresse). Alexandra prononça la phrase suivante : « nous avons fait un singulier ménage; nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse… »

 

A présent, demandons-nous ce que ses potentialités peuvent donner sur un plan professionnel ?

 

Une telle Lune ne porte évidemment pas vers la femme au foyer et encore moins vers la maternité. Aussi, le Soleil, maître de X en I accompagné des 3 dominantes trans-saturniennes pourrait nous laisser penser à une réalisation professionnelle voire une vocation. Avec le duo Neptune/Pluton, le Scorpion, l’importance des maisons XII et VIII qui renvoient aux planètes dominantes, nous pouvons aisément imaginer que la vie ne peut être vécue que si elle a un sens. Uranus fera la passionnée qui orientera sa vie vers un but unique qui sera le moteur de sa vie. L’indépendance est nécessaire (Uranus MC) avec de possibles remises en question (Lune, maître de X opposée Mars et carré Pluton), l’inspiration, l’intuition, l’imaginaire, les voyages peuvent être utilisés (Neptune trigone MC) ainsi que l’écriture (Mercure trigone MC).

 

EN CONCLUSION : de ce thème, d’essence masculine, se dégage beaucoup d’énergie et de force. Il appartient a une conquérante, une aventurière, une rebelle, profondément individualiste et autoritaire, une pionnière, quel que soit le domaine qu’elle ait pu défricher, non dépourvue d’une idéologie, mais avant tout concernée par elle-même. On peut se demander si les valeurs humides de cette conjonction Jupiter/Neptune rejetée au DS ne se sont pas aussi exprimées au travers d’une sorte de « complexe de fuite ».

 

L’astrologie étant dynamique, ii est intéressant de suivre les grands transits et cycles de son existence :

 

Etant née sous la conjonction Jupiter/Neptune qui se renouvelle tous les 13 ans, nous constatons :

 

  • A 13 ans elle décide d’être missionnaire,
  • en 1885, elle s’inscrit à la société théosophique lors du trigone d’Uranus à lui-même lors d’un trigone Jupiter/Neptune,
  • en 1901, elle adhère à des sociétés secrètes et obtient le 33ème degré du rite écossais international (Jupiter opposé Neptune),
  • en 1922, elle rencontre le Dalaï Lama lors d’une opposition Jupiter-Neptune.

 

  • Le cycle Uranus/Neptune va aussi orchestrer des grandes étapes de sa vie. Le plus grand sera celui de 1906/1907. Alexandra vient de se marier et connaît une phase dépression. La conjonction Jupiter/Neptune en Cancer transite son Uranus natal à l’opposition céleste d’un Uranus en Capricorne. Se retrouve ainsi la conjonction Jupiter/Neptune au carré d’elle-même et Uranus à l’opposition à lui-même. Nous sommes dans la grande période d’évolution qui augure de son grand virage de 1911, lequel durera 13 ans !

 

  • En 1969, l’année de sa mort, les 4 transaturniennes sont en nouveau en aspect : la triple conjonction Jupiter/Uranus/Pluton sera au sextil de Neptune…

 

 

(conférence donnée au congrès de l’ARRC 1994 ayant pour thème Jupiter et l’interprétation)

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Yves Lenoble